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L'anxiété relationnelle : Quand le lien avec l'autre devient une menace

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Il existe une fatigue dont on parle peu, qu'on minimise, qu'on cache. C'est celle des personnes qui prennent soin des autres : éducateurs spécialisés, travailleurs sociaux, enseignants, parents. Pour beaucoup, cette charge émotionnelle fait partie du quotidien, vécue en silence, sans reconnaissance, parfois même avec culpabilité. Pourtant, cette fatigue est bien réelle, et elle mérite d'être entendue.


Quand on donne sans compter... jusqu'à l'épuisement


Travailler dans le soin, c'est s'engager au-delà des horaires et des cadres. On donne de son temps, de son énergie, on ajuste sans cesse son comportement pour répondre aux besoins de l'autre, on absorbe les émotions, les tensions. Peu à peu, cela devient une source d'usure.

Beaucoup compensent un manque de moyens ou de soutien institutionnel, au prix de leur équilibre psychique. Cette relation d'aide expose à une fatigue de compassion ou à un traumatisme vicariant. Plusieurs études montrent qu'environ un travailleur social sur deux présente des signes d'épuisement professionnel.


Une souffrance invisible et peu reconnue


Ce qui rend cette fatigue particulièrement difficile, c'est son invisibilité sociale. Elle n'a pas de statut officiel, peu d'espaces de parole ou de prévention, d'autant plus que les collègues eux-mêmes sont souvent à bout de souffle. Le manque de reconnaissance accroît la souffrance psychologique et renforce le sentiment d'isolement.

Les conséquences sont nombreuses : épuisement émotionnel, tristesse, irritabilité, cynisme, culpabilité, troubles du sommeil ou de l'alimentation, désinvestissement progressif. Ces réactions traduisent des ressources épuisées.


L'incompréhension de l'entourage : un poids supplémentaire


Beaucoup rapportent l'incompréhension de leur entourage : « Tu savais dans quoi tu t'engageais », « C'est ton métier, c'est normal », ou encore, pour les parents : « Tu ne vas pas te plaindre, c'est ton enfant. » Loin d'aider, ces phrases renvoient à la solitude et à la honte.

Être écouté et reconnu dans sa fatigue est un facteur de protection crucial. À l'opposé, le déni de cette souffrance pousse à se renfermer et peut amener à douter de sa légitimité à souffrir.


Reconnaître ses limites est une forme de soin


De nouveaux espaces apparaissent : groupes de parole entre pairs, supervisions, formations, accompagnements thérapeutiques. Les Thérapies Cognitives et Comportementales (TCC) offrent des outils concrets : apprendre à repérer ses limites, poser un « non » sans culpabiliser, distinguer ce qui dépend de soi de ce qui ne dépend pas de soi.


Prendre soin de soi pour mieux prendre soin des autres


Nous avons collectivement besoin de reconnaître que soutenir, accompagner, éduquer, soigner sont des activités humaines profondément exigeantes. Ceux qui les exercent méritent écoute, reconnaissance et accompagnement.

Si vous vous reconnaissez dans ces lignes : votre fatigue est légitime. Prendre soin des autres ne doit jamais signifier s'oublier soi-même.

 
 
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